La tribune de David Rouxel

Alors que l’habitat social doit répondre à des problèmes majeurs d’ordre économique, social et environnemental, le gouvernement a prévu pour 2018 d‘importantes coupes budgétaires, qui vont réduireles marges de manœuvres des bailleurs, au risque d’augmenter la fracture urbaine, déjà profonde, avec des quartiers qui se paupérisent.



Au-delà de leur mission première qui consiste à fournir des logements, les bailleurs ont historiquement un rôle d’utilité sociale, rôle aujourd’hui bousculé par ces restrictions budgétaires. Il est pourtant primordial de protéger cette dimension, en s’appuyant sur les nombreuses entreprisesnumériques proposant des outils qui contribuent au renforcement du lien entre les habitants des quartiers et à l’émergence des villes intelligentes de demain.
De plus en plus d’initiatives issues d’une économie nouvelle, dite collaborative, émergent. Elles accompagnent les bailleurs sociaux vers la construction de véritables écosystèmes innovants, durables, inclusifs et, in fine, vers le logement social de demain. Aujourd’hui, une plate-forme de prêt d’objets permet autant d’amortir certaines inégalités que de créer du lien entre les habitants d’un même quartier et favoriser l’entraide. Un service de covoiturage permet de réduire l’empreinte carbone et d’aller vers l’autre. Une application d’échange de services de proximité simplifie la vie des habitants, arrondir potentiellement leurs fins de mois ou limiter leurs dépenses…


Solutions concrètes



Surtout, ces initiatives numériques ont en commun de replacer l’humain au centre du débat et de favoriser une économie collaborative, positive et durable ! Proposer des logements sociaux innovants passe inéluctablement par la question du bien-être de l’individu et de la création de valeur par la communauté.

L’idée fait son chemin puisque aujourd’hui, partout en France, des bailleurs se mobilisent pour animer des démarches innovantes d’entraide de proximité. Prenons, par exemple, la démarche engagée par Immobilière Podeliha qui, sur une expérimentation à Angers (Maine-et-Loire), a construit des résidences à loyers réduits en apportant une attention inédite à la qualité de vie, à l’impact sur l’environnement, au cadre de vie, à la qualité des prestations, tout en pilotant une démarche proactive d’animation de l’entraide entre locataires et un écosystème d’acteurs locaux pour animer la dynamique de terrain… Les résultats, quelques mois après le lancement, sont prometteurs. Et ce n’est qu’une initiative innovante, et peu coûteuse à mettre en place, parmi des centaines en cours de déploiement sur notre territoire.
Alliés des bailleurs sociaux trop souvent sous-estimés, ces acteurs du numérique doivent être encouragés et leurs démarches collaboratives reconnues à leur juste valeur. Certes, elles ne répondent pas à l’ensemble des problèmes rencontrés, mais elles apportent des solutions concrètes pour l’avènement du logement social de demain, et elles ont le mérite d’aider les bailleurs dans leur mission : mieux vivre ensemble autour de la construction et de la pérennisation des liens entre les habitants d’un même quartier ou d’une même résidence.